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J'ai vu des mondes naître depuis la poussière. De la poudre d'étoiles qui agglomère en systèmes solaires éclatants. Tout cela n'est qu'une danse, une gravitation sans raison, sans logique ni intérêt. C'est un bal de lumière qui s'étale sur un ruban doré, un sucre qui fond sur la langue jusqu'à l'éclat. Il y a ces vibrations qui montent, les frissons qui courent, les doigts fébriles et l'esprit qui perd toute sa cohérence. Des mondes se forment sur des ruines que l'on espérait irrécupérables. C'est cet espoir qui construit toute l'assurance, toutes les règles, toutes les raisons. C'est la clé de voûte qui tient tout l'édifice, cette valeur sur qui amène la raison là où règne la dévastation. L'incohérence grandit mais toujours plus de mondes voient le jour, prennent de l'ampleur et meurent en un éclat déchirant. J'ai cette poussière d'étoiles qui me voile l'esprit, elle empoisonne l'air que je respire et marque ma peau comme autant de plaies ouvertes. Ici c'est le temps des mondes mort-nés.

Vendredi 11 mars 2011 à 2:08

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Qui suis-je? Que suis-je? Au fond, peu importe. La vie n'est pas comme une histoire qu'on bouquine, dont on se délecte chapitre après chapitre. Ce n'est pas le papier qui glisse sous les doigts, les yeux qui balaient du regard la surface fibreuse maculée de caractères noirs sur fond blanc. Il n'y a pas de points après les phrases, pas de virgules. Une histoire c'est une vie raconté, c'est une vie qui n'est plus. Vivre c'est sentir la pluie qui s'abat sur nos joues comme autant de larmes après l'attente d'un happy ending qui ne vient pas. Etre en vie c'est voir son coeur bondir si fort dans la poitrine qu'on en a mal au cotes. La ponctuation n'a rien a faire dans ce genre d'aventures, pas le temps de respirer à la fin de la phrase. Nos histoires s'écrivent à chaque instant, à chaque souffle. Une histoire qui se termine, c'est une vie qui s'éteint. Il y a comme des cailloux dans le ventre et des cascades au fond des yeux. Ce n'est pas une histoire manuscrite et soignée. Il y a des fautes d'orthographe et de conjugaison, des rimes hasardeuses et une mélodie en dents de scie. Mais vivre, c'est ça. C'est l'imperfection qui, de la vie, nous amène à la mort.

Samedi 29 janvier 2011 à 21:15

 S'éteindre pour ne plus penser, s'étreindre pour ne plus trembler.

Mercredi 26 janvier 2011 à 18:43

Les amoureux du quai sont un peu comme de la poussière, éphémères et volatils. Ils s'enlacent tendrement, froissant les plus solides des coeurs. Ils se morfondent, s'entremêlent, dépasse l'entendement qui a jugé bon de séparer chaque grain de matière. Ils ne sont plus qu'un, posé au bord du quai, plongeant sur des rails à perte de vue qui déjà viennent briser leur union fantastique. Ils s'allongent à l'horizon comme autant de déchirures dans la poitrine. Les deux sont là, ils dansent dans leur amour. Autour d'eux, dans un autre monde, plus de temps. La gare c'est un peu comme un coeur immense. Là, un vide qui se crée, deux êtres qui s'éloignent, içi, la douce vient raviver la flamme dans les yeux d'un mourant. A chaque quai c'est une autre pièce, d'autres acteurs, d'autres détresses, d'autres joies. Les sourires ne sont pas les mêmes. Certains murmurent "Je t'aime.", d'autres hurlent "Ne pars pas!", tout dépend de la voie. Et puis plus loin, toujours sur le quai, au bord des rails, il y a le solitaire qui n'attend pas vraiment le premier, ni le second d'ailleurs. Il est là, le coeur à la main, et aimerait compter les kilomètres, les heures et les jours. Il qui chancelle et n'attend rien d'autre que son triste train monté sur des rails en demi teinte.

Mardi 4 janvier 2011 à 2:31

Les mains tremblent, fébriles. Ailleurs. Suzie monte les marches, puis descend, puis remonte, pus redescend. Les nuages sont lourds, il faudrait les presser. Un air de champ de bataille, et c'est la fin du monde qui s'annonce. Les cheveux volent, et les joues froides toujours plus roses me ravivent. Le courage à l'épaule, la peur au ventre, mais l'air innocent. Le sang froid, et en avant. J'ai pas souvent froid, mais là je dois dire que les bras comment à manquer. Et puis il y a ces foyers qui construisent des mondes, l'air de rien, là, sous mes yeux. De belles flammes chatoyantes. Juste de quoi éclairer une vieille table de grenier. Dehors ça sent les cartons et les toiles d'araignées. Il y a surtout ce vide qui ronge. Les volets battent, la lumière chancelle, le vent m'arrache à la réalité. Quelques larmes, peut-être le vent, qui sait. Peut-être.

Dimanche 19 décembre 2010 à 0:32

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