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Mardi 30 juin 2009 à 20:19

http://crousticouette.cowblog.fr/images/04.jpgImogen Heap

Je crois que je suis un peu comme le vent, on ne me voit pas, on ne m'entend pas. Parfois seulement un sifflement lointain dans l'oreille, une feuille morte qui plonge dans le vide portée par mon souffle. Je reste un mystère pour beaucoup, on sent que je suis là lorsque je caresse le dioptre des êtres qui me sont aliénés. Je suis un vent qui voyage beaucoup, je dessine des mélodies qui ne portent pas, que mon souffle même ne porte pas, je gage les maîtres du ciel de répandre mon inconsistance, mon vide, mais rien, ils ne font que se laisser porter par mes pleurs orageux. Dans ma chambre il y a avant tout un lit pour naître le matin comme au premier jour de chaque vie, et pour mourir le soir comme le dernier, il y a aussi deux attributs divins que l'inconscience a eu la grasse de me laisser apprivoiser. Ce sont des fenêtres vers les vents marins qui portent jusqu'à l'est, soulevant de leur voix les coeurs, les colères comme le sable Tunisien. J'irai porter le chant à travers les mondes, j'irai prendre le vent en route comme on prend le train en marche. Je veux de l'air pour jouer, du sable, je veux combler le néant par du vide, le vide par du rien et le rien par du vent. Je veux que mon vent porte la musique des vies immortelles qui ont cru pouvoir mourir dans le crie d'un siècle, je veux qu'il porte les sables de l'est, qu'ils fassent le tour du monde, et qu'ils n'y reviennent qu'après une éternité. Mourir pour l'orage sur sa tristesse, de honte, je fais des bulles qui explosent au moindre pique, je ne connais pas la mort, elle rode, elle rode, juste là pas loin, je vois des rivières mourir, je vois des oiseaux devenir aussi terre à terre que nous, je vois surtout ces larmes sur ses joues et ses résultats entre les mains, des petits chiffres tellement ridiculs lorsqu'on les accorde avec l'êtreme violence de la fin de tout être. Aujourd'hui il faudrait être pour demain, et pourtant demain nous ne serons peut-être plus. Il faut être pour ne plus avoir à devenir, il est vain d'écrire un demain qui se ferait sans hier et sans aujourd'hui. La musique a ça d'éternelle qu'elle traverse le temps et l'espace, elle traverse la peau, le coeur, elle fait frémir des bribes de vie dans les âmes les plus mortes. Nous sommes immortels en ce que nous créons, et en aucun cas pour ce que nous vivons ni ce que nous sommes. Ce qui est immuable n'est pas désespéré, les cailloux ricochent toujours sur les jours suivants, quand bien même n'existeraient-ils déjà plus.

Demain c'est la fête de la musique, mais je n'y vais pas car le bac c'est important, à ce qu'on m'a dit.

Dimanche 21 juin 2009 à 3:05

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L'envie de ses peurs naît dans l'aube rougissant. Ses déchirures tombent à l'image d'éclairs lumineux et profonds. Le ciel s'embrase d'un bleu divins, le divin des cieux. Le courageux  ne se doute pas qu'il lui est impossible d'attraper les nuages dans ses mains. Il tend ses bras dans l'océan aux oiseaux, il berce le soleil entre ses doigts, la lune se love dans le fond de ses yeux. Au loin le marin l'appelle, de l'autre côté de l'horizon, dans un monde sans plafond, il réclame la lueur de son désespoir. La sueur de l'océan glacée vient caresser son visage meurtrit, elle noie un orage qui dure déjà depuis un millénaire. Il laisse mourir son corps sur un temps avide de douleur, la foi en son Dieu est immense. Ce Dieu fait vibrer l'air, il envoie dans la folle course du vent des notes de vie, des bribes de mélodies. Ce Dieu appelé musique glisse sous les frontières de la peau un amour en filigrane qui consume les maux les plus beaux.

Lundi 8 juin 2009 à 14:31

Une lettre sur la table. Il fait tout propre tout autour. Le soleil est gris mais joyeux. L'air est lourd mais il danse sous mes pas. Mes deux mains saisissent le bout de papier qui concrètement n'a pas plus de valeur qu'un bon sachet de bonbons. Et pourtant. Je tombe. En arrière. L'horizon est remplie d'oiseaux, de nuages. Je tombe comme on tombe d'un immeuble dans New York. Les fenêtres fermées défilent et s'ouvrent sur mon passage. Il fait lumière. La chute est si longue, et si légère. Les oiseaux me portent. Ca y est. J'y suis. C'est une vie qui prend racine. Une existence qui prend un sens. J'y suis. Au plus beau moment de ma vie.

Samedi 6 juin 2009 à 1:20

La vérité vrai n'est pas celle en laquelle on a foi, la vérité vrai c'est celle qu'on sait, celle qui fait escale à tous les ports, des plus douloureux aux plus touchants. La voix apaise parfois, j'espère. Ce n'est pas la vérité, mais c'est vrai, c'est tout le qu'elle dirait je crois, et puis on rirait parce que, finalement, on ne comprend rien à ce qu'on dit, et c'est ça qui est bien. Le vendredi c'est métaphysique, on parle de l'univers à table, de notre taille minuscule, et de tout ces idiots qui se pensent au centre de ce derniers, qui ne pensent qu'à se bouffer le nez, parce que, parce qu'ils sont trop petits. On se demande si les autres voient les mêmes couleurs que nous, qu'est-ce qui me dit que le rouge que je vois, n'est pas vert pour vous? On se donne le vertige du minuscule, la claustrophobie du trop grand, les astres implosent et les trous noirs aspirent, ils m'aspirent moi, et c'est pas plus mal. La vérité vrai c'est aussi celle qu'on me cache, je la sais. Elle se lit dans les yeux, dans les doutes et dans les non-dits. Elle se profil à l'horizon, et moi je la sais omniprésente, sur l'écorce. C'est comme le chant au fond, presque, on sait chanter, ou non, il faut beaucoup travailler, suer et ramper devant les échecs, mais on peut y arriver, oui on peut. Ce chant là brûle l'écorce au plus profond, il est faux, laid, cassé, il est invincible. J'ai des paradis lointains, des pièces inimaginables, du bleu et du marron, j'ai des rêves, mais tout s'échappe, il manque une enveloppe avec son sceau de cire, il manque une écorce à l'arbe, une couche solide qui tienne, je fugue sous la porte. Et puis les gens regardent la rivière couler, et ils font des ricochets dessus, ça les fait rire.

Vendredi 5 juin 2009 à 20:26

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