La vérité vrai n'est pas celle en laquelle on a foi, la vérité vrai c'est celle qu'on sait, celle qui fait escale à tous les ports, des plus douloureux aux plus touchants. La voix apaise parfois, j'espère. Ce n'est pas la vérité, mais c'est vrai, c'est tout le qu'elle dirait je crois, et puis on rirait parce que, finalement, on ne comprend rien à ce qu'on dit, et c'est ça qui est bien. Le vendredi c'est métaphysique, on parle de l'univers à table, de notre taille minuscule, et de tout ces idiots qui se pensent au centre de ce derniers, qui ne pensent qu'à se bouffer le nez, parce que, parce qu'ils sont trop petits. On se demande si les autres voient les mêmes couleurs que nous, qu'est-ce qui me dit que le rouge que je vois, n'est pas vert pour vous? On se donne le vertige du minuscule, la claustrophobie du trop grand, les astres implosent et les trous noirs aspirent, ils m'aspirent moi, et c'est pas plus mal. La vérité vrai c'est aussi celle qu'on me cache, je la sais. Elle se lit dans les yeux, dans les doutes et dans les non-dits. Elle se profil à l'horizon, et moi je la sais omniprésente, sur l'écorce. C'est comme le chant au fond, presque, on sait chanter, ou non, il faut beaucoup travailler, suer et ramper devant les échecs, mais on peut y arriver, oui on peut. Ce chant là brûle l'écorce au plus profond, il est faux, laid, cassé, il est invincible. J'ai des paradis lointains, des pièces inimaginables, du bleu et du marron, j'ai des rêves, mais tout s'échappe, il manque une enveloppe avec son sceau de cire, il manque une écorce à l'arbe, une couche solide qui tienne, je fugue sous la porte. Et puis les gens regardent la rivière couler, et ils font des ricochets dessus, ça les fait rire.
Vendredi 5 juin 2009 à 20:26