Les amoureux du quai sont un peu comme de la poussière, éphémères et volatils. Ils s'enlacent tendrement, froissant les plus solides des coeurs. Ils se morfondent, s'entremêlent, dépasse l'entendement qui a jugé bon de séparer chaque grain de matière. Ils ne sont plus qu'un, posé au bord du quai, plongeant sur des rails à perte de vue qui déjà viennent briser leur union fantastique. Ils s'allongent à l'horizon comme autant de déchirures dans la poitrine. Les deux sont là, ils dansent dans leur amour. Autour d'eux, dans un autre monde, plus de temps. La gare c'est un peu comme un coeur immense. Là, un vide qui se crée, deux êtres qui s'éloignent, içi, la douce vient raviver la flamme dans les yeux d'un mourant. A chaque quai c'est une autre pièce, d'autres acteurs, d'autres détresses, d'autres joies. Les sourires ne sont pas les mêmes. Certains murmurent "Je t'aime.", d'autres hurlent "Ne pars pas!", tout dépend de la voie. Et puis plus loin, toujours sur le quai, au bord des rails, il y a le solitaire qui n'attend pas vraiment le premier, ni le second d'ailleurs. Il est là, le coeur à la main, et aimerait compter les kilomètres, les heures et les jours. Il qui chancelle et n'attend rien d'autre que son triste train monté sur des rails en demi teinte.

Mardi 4 janvier 2011 à 2:31

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